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Reportage de voyage

Quand la Martinique vit et vibre au rythme du Tour des Yoles

Depuis 2018, la yole, embarcation typique en bois de l’île de la Martinique, souhaite entrer au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Aujourd’hui, le bateau emblématique dont la réputation n’est plus à faire dans la Caraïbe, entre dans la dernière ligne droite et fait appel à l’union nationale pour le soutenir.

Depuis dix ans, Édouard Tinaugus, un employé de la RATP à Paris porte vaillamment le projet contre alizés et marées. « Au-delà de la simple pratique sportive et populaire, la yole martiniquaise est devenue un élément essentiel du patrimoine de l’île, une sorte de monument identitaire » expliquait-il à la presse lors du dépôt de la candidature en avril 2019.

Depuis le 18e siècle, la yole ronde de Martinique, à l’origine utilisée pour la pêche et le transport de personnes, a vu son utilité changer, ce qui a permis finalement sa sauvegarde. Dans les années 1950, la yole est en effet devenue une pratique locale sportive très physique, souvent méconnue en métropole.

Anse Darlet

Depuis toujours, sa silhouette reconnaissable entre toutes s’équilibre grâce à des rondins de bois dressés sur lesquels les « yoleurs » montent. Il faut 14 à 16 personnes pour propulser l’embarcation d’une dizaine de mètres vers le large. La suite n’est qu’une question d’équilibre : des hommes suspendus au-dessus de l’eau font office de balancier pour éviter qu’elle ne se retourne.

C’est donc un sport typique de la Martinique qui a permis à de nombreuses régates de voir le jour, notamment la plus connue et attendue d’entre elles : le tour de la Martinique des yoles rondes.


La yole, ancrée dans l’histoire et le patrimoine

Pendant une semaine, habitants et touristes sont tournés vers la mer et vivent au rythme des étapes qui les mènent de ville en ville. Une ambiance particulièrement festive règne sur cet événement où se mêle découverte de la pratique pour certains et retrouvailles entre amis et famille pour d’autres.

Une extraordinaire communion se met alors en place. Tous partagent le même spectacle. Au fil des années, cette manifestation phare, qui réunit près de 300 000 personnes, a alimenté l’engouement autour de la fameuse embarcation.

Une campagne sur les réseaux sociaux

L’édition 2020 étant annulée, du fait de la crise sanitaire du Covid-19, la yole de Martinique entend bien cette année ne pas passer inaperçue en s’inscrivant dans quelques mois au patrimoine mondial de l’UNESCO. Fabriquée localement, les savoir-faire liés à la conception de la yole ainsi qu’à la navigation se transmettent encore de génération en génération.

Les anciens s’attachent à laisser leur empreinte et à partager ce patrimoine avec leurs enfants et petits-enfants – futur relai de l’histoire. Jadis outil de travail, la yole est devenue pour les générations actuelles un sport de compétition tout en restant jovial. Le bateau dépourvu de lest, de dérive, et de gouvernail, nécessite une véritable cohésion d’équipe et une excellente entente. Aujourd’hui, les très jeunes demandent même à suivre des cours en club, signe que le message se transmet.

Ce sont pour ces précédentes raisons, dans un but de sauvegarde de ce fabuleux héritage et afin de pérenniser sa pratique, que la yole de Martinique s’est portée candidate à l’inscription sur la liste du patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’UNESCO. Cette volonté est soutenue par tout le peuple martiniquais mais également métropolitain. Pour appuyer ce dossier, de nombreuses personnalités antillaises se sont mobilisées autour d’une campagne sur les réseaux sociaux.


Parmi elles, Hélène Serignac, présentatrice de l’émission « Les Témoins d’Outre-mer ». Avec l’hashtag #tousaveclayoledemartinique, un élan de solidarité a aussi vu le jour. Les Martiniquais ont longtemps tourné le dos à la mer, symbole sinistre à leurs yeux de l’arrivée des bateaux négriers. La yole est en train de les réconcilier avec leur environnement. La réponse de l’UNESCO sera connue en octobre prochain.

© oopartir.com 2020 - Texte et photos David Raynal, reportage vidéo Jean-Louis Corgier.



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